Chrome se débarrasse des derniers pans de code permettant à uBlock …

Selon Next INpact, chrome se débarrasse des derniers pans de code permettant à uBlock Origin de fonctionner.

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La transition de Chrome et de l’écosystème Chromium vers les extensions au format Manifest V3 (MV3) entre dans sa phase finale, entraînant la suppression définitive de l’extension de blocage de publicités uBlock Origin (fondée sur Manifest V2).

Le Manifest est le cadre permettant aux extensions de navigateurs d’exister. Il définit notamment ce qu’elles ont le droit de faire et est donc crucial pour leurs capacités. Lorsque Google a annoncé la version 3, il n’était question que de légèreté et surtout de sécurité. L’entreprise considérait alors que les extensions V2 avaient trop de pouvoir, laissant la porte ouverte à bon nombre d’exploitations. Il s’agissait alors officiellement de lutter contre ces abus, et la V3 représente en effet une avancée significative dans ce domaine.

En retirant toutefois des capacités (particulièrement l’API Web Request), Google a coupé ce qui permettait à des extensions comme uBlock Origin et autres bloqueurs de publicité d’accomplir efficacement leur tâche. Jusqu’à aujourd’hui, il existait certaines méthodes pour contourner ce durcissement, mais Chrome s’apprête à perdre ce qui restait de points d’accroche.

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Suppression des dernières traces

Chrome en est actuellement à sa version 149. Les versions 150 et 151 vont supprimer les dernières options qui permettaient, via une activation de « flags » (dans about:config) de contourner les blocages des extensions MV2, rapporte Neowin, qui a remarqué les mouvements dans le dépôt GitHub WebExtensions Community Group du W3C.

Andrey Bershanskiy, l’un des contributeurs de Chromium (la base open source servant de fondation à Chrome) a ainsi indiqué que Chrome 150 va supprimer complètement l’option ExtensionManifestV2Disabled, souvent utilisée jusqu’ici pour forcer la prise en charge des extensions MV2, notamment uBlock Origin.

Dans le fil, on peut lire que le développeur David Cronin, de chez Google, avertit effectivement que le code est supprimé. L’étape est présentée comme logique : les extensions MV2 n’étant plus supportées, ce code présente une dette technique grandissante et nécessite donc des ressources de maintenance croissantes, sans parler des risques de sécurité.

La version 151 de Chromium (et donc de Chrome) perdra à son tour les options ExtensionManifestV2Unsupported et ExtensionManifestV2Availability, ainsi qu’a priori  AllowLegacyMV2Extensions.

Et les autres navigateurs Chromium ?

En dehors du cas Firefox, qui a son propre moteur et qui doit toujours supporter les extensions MV2 jusqu’à nouvel ordre, la question se pose pour les autres navigateurs. Brave, Edge, Opera et Vivaldi notamment reprennent la même base de code.

Chez Microsoft, Edge coupe progressivement le support depuis février et suit ainsi le calendrier de Google. Pour les autres, le support devrait être plus long. Pour Brave et Vivaldi, la promesse est pour l’instant la même que chez Mozilla : jusqu’à nouvel ordre, sans date précise.

Quant à Opera, la situation est plus trouble. Officiellement, les extensions MV2 devraient être supportées « plus longtemps » que dans Chrome, mais la situation pourrait être en train de changer.

Selon un fil sur Reddit, le développeur de uBlock Origin aurait mentionné avoir reçu un email de l’entreprise, annonçant que suite au retrait des extensions MV2 dans Chrome, il était « crucial » d’entamer rapidement la transition vers la V3 du Manifest. Toutefois aucune date n’était donnée.

Les développeurs spéculaient alors sur la baisse potentielle des moyens alloués par Opera à la vérification des extensions MV2, la version 1.7.0.0 de uBlock Origin ayant pris beaucoup de retard dans sa validation. Le mail supposé datant de plus d’un an, un changement est donc peut-être à l’œuvre dans l’entreprise.

La fin des haricots ?

Si l’on s’en tient aux gros navigateurs comme Chrome et Edge, la suppression totale du code associé aux extensions MV2 signifie effectivement la fin de uBlock Origin et de tous les autres bloqueurs de contenus basés sur l’API Web Request. L’auteur de cette extension, Raymond Hill, propose bien depuis un moment une version MV3 (nommée Lite), mais il a souvent averti qu’elle était moins performante dans son blocage, à cause des limitations imposées par le nouveau cadre.

Pour les aficionados de uBlock et d’autres extensions du même acabit, il ne reste donc plus qu’à s’orienter vers un éditeur ayant une politique de support de MV2. C’est le cas de Mozilla, qui est intervenu d’ailleurs dans le fil Reddit pour signifier qu’elle ne prévoyait pas d’abandonner ces extensions : « Cela garantira que certains types d’extensions, comme les bloqueurs de publicités, continuent de fonctionner de manière optimale dans Firefox ». C’est aussi pour l’instant le cas de Brave et Vivaldi.

Ce support ne pourra cependant pas être sans fin. S’agissant d’un ancien modèle, la dette technique finira effectivement par s’accumuler. Brave, Firefox et Vivaldi (ainsi qu’Opera pour le moment) ont quand même une double approche : ils acceptent les extensions MV2 et MV3, permettant aux développeurs de partir sur la base qui leur convient. Dans cette optique, beaucoup dans le fil Reddit indiquent être passés à Firefox pour cette raison.

Source : Next INpact

Cet article est une synthèse basée sur des informations publiques. Consultez la source originale pour l'article complet.

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