2026 : l’été où les affiches IA ont inondé la France
Next INpact rapporte une information importante : 2026 : l’été où les affiches IA ont inondé la France.
Ça l'affiche mal
Pour annoncer des fêtes de village, des promotions ou le prochain concours de pétanque, les affiches IA se multiplient partout en France. Au point, cet été, d’avoir suscité des débats sur leur bien-fondé.
Celles et ceux qui ont pu partir en vacances s’en sont rendus compte en quittant leur environnement quotidien. Où qu’ils aillent, en France et ailleurs, des images lisses, parfois teintées d’un jaune caractéristique, envahissaient les menus, les espaces d’affichage de supermarchés, les panneaux d’annonces pour des brocantes, des fêtes de village, des marchés.
Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les médias régionaux ou nationaux, l’évolution est claire : les affiches, cartes postales et autres images générées par IA se multiplient partout dans le pays, et tout le monde ne s’en réjouit pas.
Une technologie « pratique » pour les petites structures
Le débat a grossi, ces derniers mois, pour se répercuter d’un média régional à un autre. Dans la Manche, la propriétaire d’une friperie associative se réjouit de pouvoir utiliser l’IA générative pour produire de « jolies affiches colorées » : auparavant, sa structure se contentait d’une publication moins visuelle sur les réseaux sociaux.
En Champagne, plusieurs communes ont recouru à l’IA pour annoncer leurs événements estivaux, des fêtes du 14 juillet aux concours de pétanque. Auprès de l’Union, la secrétaire du comité des fêtes d’Igny-Comblizy estime que « c’est efficace », même si elle « n’obtient jamais le bon résultat du premier coup » : non seulement l’IA lui permet de générer des affiches, mais aussi de corriger les images de mauvaise qualité qu’on peut lui envoyer pour illustrer un concert, ou encore de préparer rapidement un visuel lorsque le sujet arrive sur la table sans avoir été prévu auparavant.
Certains, comme le président du comité d’Avenay-Val-d’Or, demandent même à la machine (le plus souvent, ChatGPT) d’ajouter « une touche plus vintage », lorsque cela correspond à l’idée de l’événement organisé. D’autres y recourent aussi pour véhiculer des messages problématiques : menée par le Rassemblement national, la mairie d’Agde a affiché un moment une image générée par IA et contenant des propos racistes, avant que la polémique pousse à les retirer.
Dans le Limousin, en Alsace, dans le Var ou le Puy-de-Dôme, dans des fêtes de village comme de grandes enseignes de supermarchés ou de plus petits commerces, l’IA générative est partout. Et son adoption large a rendu les similarités entre affiches (ou cartes postales, ou menus de restaurants, ou autres éléments visuels) d’autant plus évidentes.
À Avignon, certains lieux accueillant le off du festival de théâtre se sont eux aussi tournés vers l’IA générative pour annoncer certains des 1 700 spectacles joués. L’astuce a pu être suffisamment fréquente pour qu’un festivalier en forme écrive sur nombre d’entre elles la phrase « Artist ? No AI » au feutre noir, rapporte Libération. Les débats, cela dit, sont loin d’être simples : outre servir à produire des images à faible coût, l’IA est aussi utilisée dans diverses autres activités artistiques ou organisationnelles, y compris directement dans la création des pièces.
Un résultat de faible qualité
Sur les réseaux sociaux, Cependant, un agacement monte, à coups de montages qui illustrent les similarités entre chaque production. Sur Facebook, des groupes doctement titrés « Affiches en IA claquées » ou « Affiches IA de merde » ont pu être créés – ils restent néanmoins bien moins animés que leurs concurrents dédiés à échanger des conseils pour bien prompter.
Des graphistes, designers, dessinateurs et autres artistes visuels se tournent aussi vers les réseaux sociaux pour regretter la vaste uniformisation visuelle qui semble avoir saisi la France cet été : le recours à Stable Diffusion, Midjourney ou d’autres pour générer l’annonce de la prochaine fête du hareng, c’est aussi une commande en moins pour ceux dont la production de ces supports de communication est le métier.
Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Oihana Abons – Graphiste & Illustratrice (@oihanaencore)
Des spécialistes soulignent par ailleurs un problème récurrent dans les productions obtenues : les machines ne sachant pas sélectionner les informations les plus pertinentes, le rendu est surchargé d’éléments. Si, à première vue, le résultat peut sembler satisfaisant, il ne permet pas de faire savoir l’essentiel de la manière la plus efficace.
Autre enjeu, qui fera peut-être, à terme, évoluer le recours à ces outils : en lissant affiches et publicités, le large recours à l’IA produit aussi une uniformisation des enseignes, des lieux et des marques. Pour qui souhaiterait se démarquer de son voisin, le prompt reste donc à revoir.
Source : Next INpact
Cet article est une synthèse basée sur des informations publiques. Consultez la source originale pour l'article complet.
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