250 ans de Sophie Germain, symbole que « les mathématiques sont fai…
Une actualité relayée par Next INpact concerne : 250 ans de Sophie Germain, symbole que « les mathématiques sont faites pour les femmes ».
∀ XX ou XY alors sciences = ok ! Sophie Germain est née le 1ᵉʳ avril 1776, juste avant la Révolution française. Autodidacte, elle apprend les mathématiques et évolue à peu près à la même période que d’autres grands noms comme Euler, Gauss, Laplace, Lagrange et Poisson. Elle se fait passer pour un homme pour poursuivre tant bien que mal ses études. Isolée, elle parvient néanmoins à marquer son époque.
Dans son Journal, le CNRS consacre un dossier à la mathématicienne (entre autres) Sophie Germain. « On ne sait que très peu de choses de sa vie, mais on sait qu’elle a eu beaucoup de difficultés à travailler et à faire connaître ses travaux », explique Hervé Pajot, professeur à l’université Grenoble Alpes et auteur d’une BD sur Sophie Germain.
Quand Sophie Germain se faisait passer pour un homme
Elle est née le 1ᵉʳ avril 1776, il y a donc tout juste 250 ans. Pendant la Révolution française, elle découvre les mathématiques et se forme en autodidacte. « À défaut de pouvoir intégrer l’École polytechnique, ouverte en 1794 pour former les ingénieurs de la nation et réservée aux hommes (et ce, jusqu’en 1972 [oui, il y a à peine plus de 50 ans, ndlr]), Sophie Germain réussit dès l’inauguration de l’institution à s’en procurer les cours. Pour cela, elle emprunte le nom d’un élève qui n’assiste plus aux cours, Antoine Auguste Leblanc ».
Elle utilidevrait être son pseudo pour correspondre avec d’autres mathématiciens de renom, notamment Carl Friedrich Gauss : « le mathématicien allemand partagera son admiration quand il découvrira la véritable identité de son interlocutrice », explique le Journal du CNRS. L’Académie des sciences explique plus en détail comment Gauss a découvert le pot aux roses et remercié Sophie Germain.
Malgré tout, « elle a été très peu lue à son époque et elle a eu peu d’influence – à cause du sexisme, mais aussi parce que la communauté de la théorie des nombres était trop petite », explique Olivier Fouquet, professeur à l’université Marie et Louis Pasteur.
L’Académie des sciences vante « sa détermination, sa hargne, son avidité, son culot »
Elle s’attaque au dernier théorème de Fermat, sans le résoudre. « Longtemps, son travail est resté méconnu, car Sophie Germain n’a publié aucun article d’arithmétique de son vivant ». Le théorème de Fermat ne devrait être finalement démontré qu’en 1994 par Andrew Wiles, mais avec des méthodes différentes de l’approche de Sophie Germain. Elle laisse par contre un fort héritage aux mathématiques, notamment avec les nombres premiers de Sophie Germain.
Elle a obtenu un prix de l’Académie des sciences, c’était la première qu’une femme recevait cette récompense. « On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé, mais Sophie Germain ne s’est pas rendue à la remise du prix. on peut envisager qu’elle n’ait pas été informée », indique Hervé Pajot. Le Journal du CNRS ajoute que « toute sa carrière est marquée par l’isolement. Sophie Germain n’est pas invitée à prendre part aux discussions avec les mathématiciens de son temps, elle peine à être au courant des avancées du domaine, ses travaux ne sont pas publiés… ».
Voici une partie du texte d‘Etienne Ghys, mathématicien et Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences :
« Je vais tenter de vous décrire très succinctement son œuvre scientifique mais il me faut d’abord vous dire que la plupart des historiens des sciences considèrent que cette œuvre n’est pas majeure et que, par ailleurs, elle a commis un certain nombre d’erreurs.
Comment pourrait-il en être autrement quand elle n’avait pas accès à la documentation scientifique, quand l’École polytechnique n’était pas accessible aux femmes (jusque 1972 !), et quand elle devait se mesurer à des géants, comme Euler, Gauss, Laplace, Lagrange et Poisson, pour ne citer qu’eux.
Selon moi, le plus important, avant même ses contributions, est sa détermination, sa hargne, son avidité, son culot, pour avancer dans la science en fonçant droit devant, sans hésitation. Voilà un beau message pour la jeunesse ! »
« Contentons-nous de condamner notre machisme actuel et d’essayer de le réduire »
Il y a deux ans, l’Académie des sciences a consacré un article à Sophie Germain. Il commence par mettre en garde contre deux éceuils : « Il faut bien sûr analyser et commenter le machisme de nos prédécesseurs, mais il est inutile de les juger selon nos normes contemporaines. Contentons-nous de condamner notre machisme actuel et d’essayer de le réduire ! ».
Attention ensuite « aux images reconstruites. Pensez par exemple à Marie Curie, souvent présentée aujourd’hui comme une « sainte républicaine », ayant consacré sa vie à la religion « Science », en sacrifiant tout le reste. Est-ce vraiment le modèle que nous souhaitons présenter aux jeunes ? Ne peut-on être scientifique sans être nécessairement un(e) saint(e) ? ».
Elle décède en juin 1831, à Paris : « Elle est devenue un symbole pour montrer aux jeunes filles que les mathématiques sont faites pour les femmes. Mais, aujourd’hui, même si les femmes sont encouragées à faire des mathématiques, la situation reste catastrophique », explique Hervé Pajot.
Carrières en sciences : les stéréotypes de genre sont « une réalité alarmante »
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Encore aujourd’hui dans les sciences et la tech, les stéréotypes de genre sont « une réalité alarmante ». Cela a aussi des conséquences sur les intelligences artificielles qui « copient » notre monde : « Si vous prenez les femmes et l’informatique, il y a une sous-représentation ; c’est un énorme problème. Donc les IA vont sous-représenter les femmes en informatique », expliquait Magalie Ochs, informaticienne et maîtresse de conférences à Aix-Marseille Université au Laboratoire d’informatique et systèmes.
Elle travaille sur des modèles pour montrer aux jeunes filles que les sciences sont aussi faites pour elles : « C’est assez difficile d’avoir des rôles modèles à disposition dans les classes à présenter aux jeunes filles. Donc, on a créé des personnages virtuels qui pourraient représenter des rôles modèles et, de fait, de pouvoir réduire cette menace de stéréotypes et donc d’améliorer les performances des filles en maths ». Une proposition reprise par Élisabeth Borne quand elle était ministre de l’Éducation nationale… mais qui n’a pas donné grand-chose depuis.
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Peut-être que le nom de Sophie Germain vous disait quelque chose en lisant cette actualité, mais sans trop savoir pourquoi ? C’est le nom du nouveau navire câblier d’Orange pour réparer les câbles sous-marins.
En France, on retrouve aussi des rues et des écoles à son nom et même un timbre à son effigie. Depuis 2003, il existe aussi le prix Sophie-Germain. Il est attribué chaque année par la Fondation Sophie Germain, sur proposition de l’Académie des sciences. Claire Voisin était la première lauréate mais, depuis, presque seuls des hommes ont pu être récompensés. En tout, seulement deux femmes l’ont pu être avec Isabelle Gallagher en 2018.
Pour en savoir plus sur Sophie Germain, la Bibliothèque nationale de France (BnF) organisait récemment une conférence intitulée « Sophie Germain et l’histoire secrète du dernier théorème de Fermat », présentée par Emmanuel Peyre, professeur de mathématiques à l’université Grenoble Alpes. Elle est disponible sur YouTube :
Source : Next INpact
Cet article est une synthèse basée sur des informations publiques. Consultez la source originale pour l'article complet.
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